Veille

Les actus du web

Mercredi 26 février, la commission autonomie de l'Odas reçoit la Mission Habitat inclusif, pilotée par Denis Piveteau et Jacques Wolfrom. Ce temps d'échange permettra aux membres de la commission (représentants de conseil départementaux, de communes, de fédérations d'associations gestionnaires de services à domicile, de la CNAV, de la CNSA, d'ARS...) de faire part de leurs retours expérience sur le sujet.

« La pleine participation des personnes dans notre société, qu'elles soient en situation de handicap ou âgées en perte d'autonomie, compte parmi les défis que le Gouvernement a à cœur de relever, en lien avec l'ensemble de ses partenaires. La question de l'habitat est une dimension incontournable de cette ambition, à construire à partir des besoins, des attentes et des désirs des personnes elle-mêmes », écrivait le premier ministre dans sa lettre de mission du 20 novembre 2019 à Denis Piveteau, président de la cinquième chambre de la section contentieux du Conseil d'État et Jacques Wolform, président du comité exécutif du groupe ARCADE (bailleur social).

« A ce titre, l'article 129 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, et ses textes d'application publiés en juin, donnent une impulsion aux »Habitats inclusifs« qui ont pu faire l'objet d'initiatives locales en tant qu'alternatives au logement individuel et à l'hébergement en établissement pour les personnes en situation de handicap et les personnes âgées. Mais pour que le 3Forfait habitat inclusif » que ces textes créent pour le financement de l'animation du projet de vie sociale et partagée soit vraiment levier d'un changement d'échelle, les travaux doivent se poursuivre.

Les nouvelles dispositions de la loi ELAN et ses textes d'application ne sont qu'une première étape dans le développement harmonisé et important de l'habitat inclusif sur l'ensemble du territoire, en ce qu'ils ne répondent que pour partie à l'ensemble des problématiques pouvant se poser pour les porteurs de projet et les divers acteurs. La question du forfait ne résout pas à elle seule celle de la structuration des cadres et des modèles de déploiement susceptibles de massifier ce type d'habitat. Le déploiement de l'habitat inclusif se conforte à un besoin d'articulation voire d'alignement avec d'autres catégories de construction (par exemple : résidences médicalisées et sociales, lieux de vie et d'accueil), qu'elles aient été pensées à l'origine pour les mêmes fins ou non..."

L'objectif de cette mission est donc d'établir des propositions en vue de l'élaboration d'une stratégie nationale “dans un calendrier compatible avec celui de la réforme du grand âge et de l'autonomie”. Il s'agit donc de “faire décoller” de façon plus dynamique et structurée les propositions d'habitat inclusif pour les personnes âgées ou en situation de handicap, en soutenant la faisabilité financière de cet essor.

C'est dans ce cadre que Denis Piveteau et Jacques Wolform entendront les remarques et retours expérience des membres de la commission autonomie de l'Odas le 26 février.

Ce sera également l'occasion pour les rapporteurs de la mission d'entendre l'expertise de l'Odas sur le sujet. En effet, l'Observatoire lance actuellement le Laboratoire de l'autonomie, une extension d'Apriles, qui capitalise sur une thématique pour laquelle l'Odas dispose d'une expertise pointue, celle de l'autonomie. Ce champ de l'autonomie a été marqué à la fois par de nombreuses expérimentations, mais aussi par de multiples changements législatifs et réglementaires. L'Odas donc choisi de créer une plateforme spécifique à cette question avec le soutien de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

Un premier champ d'expertise, consacré à l'habitat inclusif, a été défini avec la CNSA pour accompagner l'entrée en vigueur de la loi Élan. Les 20 premières fiches du laboratoire seront donc consacrées à ce sujet. Après avoir fait remonter près de 200 contributions, une trentaine de projets a été retenue pour lesquels des expertises sont actuellement menées sur le terrain : rencontre des initiateurs, des salariés, des bénéficiaires, des partenaires financiers et opérationnels... 24 lieux ont ainsi d'ores et déjà été expertisés dans toute la France.

Le site du Laboratoire de l'autonomie est en cours de développement et sera intégré à la plateforme de l'Odas dans le courant du premier semestre 2020.

>Télécharger la lettre de mission dans son intégralité.


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​L’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) a lancé le vendredi 24 janvier 2020 un appel à projets relatif à l’agriculture urbaine :​ « Les quartiers fertiles ».  Il ambitionne « d’amplifier le nombre de projets d’agriculture urbaine au sein des quartiers prioritaires en renouvellement urbain, considérant notamment qu’il s’agit d’une opportunité de création d’emplois locaux, ​et donc d’insertion sociale et professionnelle, tout en soutenant des formes variées d’agriculture urbaine, par définition multifacette, et adaptées aux contextes spécifiques propres à chaque territoire. Les initiatives proposées ont vocation à s’inscrire dans une logique productive et marchande ».

« L’objectif de massification et d’accélération de l’agriculture urbaine, par le soutien à un nombre conséquent d’initiatives au titre de cet appel, devra trouver écho dans des projets accompagnant la structuration de filières locales et créateurs de ressources économiques pour les territoires, associant de manière étroite les habitants dans leur conception et leur mise en oeuvre, avec un impact positif démontré sur l’environnement.

Pour ce faire, les projets lauréats bénéficieront d’​un appui technique et opérationnel, individuel et collectif, et d’une aide financière pour le cofinancement d’études et missions d’ingénierie, d’investissements et de dépenses de personnel.

Il s’adresse aux collectivités territoriales menant des projets de renouvellement urbain dans le cadre du NPNRU, ou à des opérateurs qui justifieraient d’un partenariat avec ces collectivités et d’une articulation de la proposition avec le projet urbain. En cohérence avec le NPNRU auquel s’adosse l’appel à projets, les propositions doivent porter sur des quartiers d’intérêt national ou régional du programme. »

La première session donne lieu à un dépôt des dossiers auprès de l’Anru​ au plus tard le lundi 1er juin 2020.

En savoir plus sur le site de l’ANRU


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Depuis leur mise en place en 2015, Villes et Territoires appuie les conseils citoyens en leur proposant des rencontres départementales et des formations. Cette proximité lui a permis d’acquérir une bonne connaissance de leur fonctionnement. Cette 3ème édition (après celle de 2016 et 2017) rend compte de l’état d’avancement de cette jeune instance participative dans les départements de l’Aude, du Gard, de l’Hérault et des Pyrénées Orientales.

Lire l’état des lieux 2019 des conseils citoyens de l’Est Occitanie


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A l’initiative de la Préfecture, la 4ème édition des rencontres territoriales des conseils citoyens de l’Hérault s’est tenue le samedi 5 octobre à Montpellier, dans les locaux d’Agropolis International. L’organisation et l’animation de cette journée ont été assurées par le centre de ressources Villes et Territoires Occitanie, en partenariat avec la Direction départementale de la cohésion sociale.

Les conseillers citoyens présents ont pu échanger en ateliers sur leurs expériences et leurs pratiques autour de questions concrètes : recueillir la parole des habitants : pourquoi et comment ? Comment apporter sa contribution aux priorités du contrat de ville ? L’exemple de l’égalité femmes-hommes. Comment améliorer le fonctionnement collectif du conseil citoyen ? Cette journée a également été l’occasion pour les services de l’Etat de faire un point sur l’actualité de la politique de la ville, à l’échelle nationale et départementale (voir le programme).


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Retrouvez l’offre d’emploi ci-dessous :

Candidature à envoyer à claudegrivel [at] unadel.org avant le 31 janvier 2020.


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Le Conseil régional Occitanie recrute 2 nouveaux instructeurs LEADER à Montpellier en CDD de 12 mois.

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 31 janvier 2020.

Voir le détail de l’annonce sur le site du conseil régional


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A l’occasion des diverses rencontres et actions départementales que Villes & Territoires Occitanie organise, les conseils citoyens expriment régulièrement le besoin de leur mise en réseau, et ce pour plusieurs raisons :

  • S’inspirer mutuellement
  • Sortir de leur isolement
  • Trouver des réponses rapides et adaptées à leurs questions ou difficultés
  • Améliorer ou enrichir leurs projets en le soumettant à l’opinion des autres conseils citoyens.

Lors d’un séminaire dédié aux conseils citoyens du Gard, le 15 octobre 2019, Villes et Territoires a consacré un temps à la réflexion partagée autour de la mise en réseau : « pourquoi se mettre en réseau, que partager et comment ? »

Sur la base des propositions formulées par les conseils citoyens du Gard, ce mode d’emploi propose un appui technique pour concrétiser la mise en réseau des conseils citoyens. Pour des raisons pratiques cette mise en réseau se réalise pour l’instant à l’échelle départementale, échelle à laquelle ont été organisées jusqu’à présent les rencontres des conseils citoyens. A l’avenir, une mise en réseau élargie à la région peut être envisagée.

Guide « Les outils de votre mise en réseau »


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Nous relayons cette invitation à un événement co-organisé par le collectif La Traverse que nous accompagnons dans leur lancement :

Mardi 28 Janvier 2020
18h-20h
26 rue Saint Guillaume, 75 007 Paris

==> Sur inscription <==

Aujourd’hui, les territoires de tout type sont dépendants de systèmes d’approvisionnement mondialisés basés sur les énergies fossiles qui participent aux émissions de gaz à effet de serre. Face aux enjeux conjoints du dérèglement climatique et de la fin de l’énergie abondante et bon marché, les élu.e.s et institutions locales ont un rôle à jouer. À l’heure des élections municipales, il est urgent de mettre à l’agenda des politiques locales le sujet de la résilience comme levier d’adaptation des territoires à ces aléas et de diminution de leur empreinte carbone.
La Traverse est une association composée de jeunes diplômé.e.s de Sciences Po en stratégie territoriales qui vise à accompagner les territoires dans leurs démarches de transition écologique et sociale.

En partenariat avec Sciences Po Alumni et le cercle Terroirs et Territoires en Transformation (TTT), La Traverse a développé une grille d’analyse de la résilience locale pour appuyer la mise en place d’une action publique locale adaptée aux enjeux climatiques et énergétiques.
Cette conférence vise à diffuser cet outil aux acteurs impliqués, de par leur travail ou leur mandat, dans les politiques publiques locales, ainsi qu’aux représentants des territoires au niveau national. Pour en parler, nous accueillerons un membre du groupe d’urbanistes CARMA – Coopération pour une ambition agricole, rurale métropolitaine d’avenir qui travaille à l’élaboration d’un projet durable pour le triangle de Gonesses.


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Qu'il s'agisse des domaines de l'autonomie, de l'insertion ou encore de l'enfance, les innovations sociales menées sur le terrain n'ont pas manqué en 2019. Tour d'horizon des meilleurs initiatives repérés par Apriles, l'agence des bonnes pratiques de l'Odas et sélectionnées par la rédaction du Journal des acteurs sociaux dans son numéro de décembre 2019.

Des villes aux campagnes, en passant par les quartiers dits “sensibles”, ils sont nombreux ces petits colibris qui apportent quotidiennement leur pierre à l'édifice, œuvrant en toute discrétion pour réparer les fractures
sociales. Depuis bientôt 13 ans, l'Agence des pratiques et initiatives locales (Apriles) mise en place par l'Odas, recense et expertise les démarches innovantes qui, sur le terrain, portent les valeurs du développement social local. Autant d'actions qui peuvent être aujourd'hui découvertes sur le site Internet de l'agence (www.apriles.net). Et parce que Le Jas porte, lui aussi, dans son ADN les valeurs de l'innovation au service du lien social, il a choisi de se faire l'écho des démarches qui nous semblent les plus originales et les plus inspirantes.

AUTONOMIE : LA PART BELLE À L'INNOVATION

Et si l'on profitait des savoirs des anciens pour mettre en valeur les richesses du patrimoine local tout en répondant au désir d'apprendre des plus jeunes ? Tel est le pari remporté par l'opération “Oreilles en balade” [1] à Prévinquières, petit village de 300 âmes blotti au creux de la vallée de l'Aveyron. Un projet initialement né de la conviction d'une ancienne documentariste à France Culture que la radio peut encore constituer un vecteur privilégié de lien social. Après avoir lancé une radio temporaire baptisée “Radio sans fréquence” animée par des séniors du territoire, c'est une nouvelle initiative baptisée “Oreilles en balades” qui propose aujourd'hui aux plus jeunes de découvrir les richesses locales grâce à la mémoire des anciens. Pour leur premier parcours, la directrice du Centre culturel Aveyron Ségala Viaur (CCASV) et Christian Lacombe, maire de Prévinquières, ont repéré des personnes à interroger, que ce soit pour leur talent de conteur, leur connaissance de l'histoire ou simplement leur vécu. L'occasion de faire témoigner les anciens sur les conversations des femmes au lavoir, les fêtes et leurs aubades, la recette de la poule farcie ou encore le sécadou et les châtaignes.

Quant au parcours enfant, sa réalisation par les élèves s'inscrit dans l'éducation au patrimoine qui fait partie intégrante du programme d'histoire des arts, de l'école primaire au lycée. Ce travail commun a permis de réunir les témoignages d'habitants de tous âges interviewés par les enfants et a redonné confiance aux personnes âgées en leur valeur au sein de la communauté. Mais ce travail a aussi créé du lien entre natifs du village et nouveaux arrivants, entre élus et citoyens et entre générations.
Et les témoignages ne manquent pas. Selon une élue de la commune du Bas-Segala (Aveyron) qui a repris cette action : “Le projet a apporté de la convivialité dans le village. Cela m'a permis, à moi qui ne suis pas originaire d'ici, de compléter mon intégration. Les habitants étaient contents de voir que je cherchais à mettre le village et eux-mêmes en valeur”. Succès au rendez-vous également du côté des enfants, à en croire cette jeune élève : “C'est génial, aujourd'hui je sais que ma grand-mère a des choses à me raconter, et que je peux lui poser des questions”. Désormais, Oreilles en balade propose une dizaine de parcours sur le thème “Les habitants vous racontent” donnant chacun lieu à six documents sonores co-réalisés avec les enfants. “Une activité gratuite, pour tous, seul ou en famille, de 6 à 99 ans !”, promettent les bénévoles.

LE NUMÉRIQUE REDÉCOUVERT

A l'heure où la fracture numérique contribue insidieusement à l'éloignement social des aînés, pourquoi ne pas faire précisément de ce handicap une force pour favoriser le lien social entre jeunes et personnes âgées isolées ? C'est ce qu'a décidé de faire le Lycée agricole de Nermont, en Eureet- Loir, avec son programme “Perche digital”. Il consiste en pratique à sensibiliser les séniors ruraux à l'utilisation des outils informatiques (ordinateurs, tablettes…) au travers d'ateliers collectifs encadrés par une animatrice. Originalité de la démarche, ces ateliers sont animés, non pas par des informaticiens professionnels dignes de Bill Gates, mais par les élèves du lycée agricole maîtrisant parfaitement l'usage de la souris. “Dans l'atelier il y a une dame de 91 ans. C'est incroyable, elle a encore envie d'apprendre. On a vraiment le sentiment de servir à quelque chose”, confie Laura, élève de première qui souhaiterait devenir plus tard éducatrice de jeunes enfants. Le projet s'est aujourd'hui étendu au-delà des murs du lycée puisque les communes intéressées peuvent accueillir les sessions de sensibilisation moyennant la seule obligation de mettre à disposition une salle bénéficiant d'une connexion internet correcte et s'engage à communiquer auprès des habitants de plus de 70 ans. Plus de 700 séniors ont ainsi déjà pu bénéficier du dispositif.


Dans le Perche, des lycéens agricoles recréent du lien social avec les anciens autour des technologies numériques.

LES AÎNÉS : ACTEURS ÉDUCATIFS

Et parce que les séniors ont pour la plupart autant besoin d'être aidés que d'être utiles, c'est sur le bénévolat de compétences qu'a choisi de miser l'association ECTI [2]. Née en 1974 à une époque où le cumul emploi /retraite était interdit, cette association vise depuis son origine à encourager les actions de parrainage auprès de jeunes en recherche d'emploi. Depuis maintenant 15 ans, la Mission locale de Saint-Omer recourt à des “Ectiens” pour animer des ateliers collectifs dans le cadre du dispositif garantie jeune, qui permet d'accompagner les jeunes en situation de grande précarité. “Notre mission est complémentaire de celle des professionnels”, souligne l'un de ses parrains, pour qui “le bénévolat de compétence permet de donner de l'estime aux séniors tout en permettant aux jeunes de gagner en confiance”. “J'ai eu la chance de travailler pendant les trente glorieuses et je me sens redevable à la nation. Bien qu'en retraite aujourd'hui, je souhaite garder une utilité sociale, et surtout, j'ai envie de me faire plaisir en transmettant mon expérience ”, sourit le bénévole.

INSERTION : LA SOLIDARITÉ EN ACTIONS

Certes Paris n'est pas la France. Mais quand une association de la capitale propose une initiative exemplaire pour favoriser l'insertion des plus précaires en mêlant culture et tourisme, la démarche mérite d'être saluée. Répondant au nom prometteur d'“Alternative Urbaine”, cette association d'aide à l'inclusion sociale et professionnelle s'adresse aux personnes en situation de précarité et leur propose de devenir “éclaireurs” [3]. Orientés par les travailleurs sociaux, ces éclaireurs en insertion sont sollicités par l'association pour animer des promenades originales et conviviales à Paris. L'occasion pour eux de disposer d'un tremplin vers leurs projets personnels et professionnels. “La mission n'est pas de former au métier de guide, mais d'utiliser les balades urbaines comme support pédagogique et de remobilisation pour des personnes éloignées de l'emploi”, insistet-on à l'association. En pratique, Alternative Urbaine propose aux entreprises de passer un bon moment tout en s'impliquant dans une action solidaire le temps d'une journée. Au programme, jeux de piste et découvertes d'histoires méconnues des quartiers parisiens authentiques.


Visite guidée autour du graffiti

A quelque 430 kilomètres de la Tour Eiffel, à Orgelet dans le Jura, c'est ce même objectif d'insertion sociale, mais version rurale cette fois-ci, que poursuit l'association Adapemont (Association pour le Développement et l'Animation de la Petite Montagne). Agréée “chantier d'insertion”, cette association montagnarde accompagne chaque année plus de 60 salariés du territoire vers un emploi durable. Pour ce faire, elle encadre des “équipes vertes” en charge de plusieurs secteurs le territoire. Dans ce cadre, Adapemont a notamment mis en place un élevage conservatoire de vaches
“Highland”, une race bovine très ancienne originaire d'Écosse qui semble se plaire dans les monts jurassiens. Cette activité permet notamment d'accueillir plus de femmes que les autres chantiers, de développer une activité économique respectueuse de l'environnement et, en contribuant à la gestion écologique des espaces, de favoriser un tourisme vert. “Le pôle insertion représente à ce jour près de 90 % des activités de l'association et repose sur la mise en œuvre de plusieurs métiers, véritables supports pédagogiques : travaux d'espaces verts, maçonnerie, menuiserie et aménagements mobiliers, entretien des sentiers de randonnées et balisage, etc.”, explique Jean-Noël Rassau, coordinateur insertion de l'association, qui souligne que le taux de sorties positives vers l'emploi de l'Adapemont s'élève à 62,96%. Le 29 novembre dernier, l'association fêtait ses 40 ans. Elle ne cesse depuis dedévelopper de nouvelles activités comme sa toute récente recyclerie Petite Montagne, inaugurée il y a quelques jours [4]. Dans le Jura, les activités d'insertion de l'association Adapemont réinsèrent près des deux-tiers de leurs bénéficiaires dans l'emploi.


Dans le Jura, les activités d'insertion de l'association Adapemont réinsèrent près des deux-tiers de leurs bénéficiaires dans l'emploi.

ENFANCE : DE LA RUE À L'ÉCOLE

Autre coup de cœur de la rédaction, “Médiation nomade” est un camping-car qui roule pour les jeunes des quartiers, au pied des immeubles, entre 20 heures et minuit, “lorsque les institutions classiques ne sont plus présentes ”, comme l'explique Yazid Kherfi. à l'initiative de la démarche, cet ancien braqueur récidiviste a décidé d'agir autrement face à la délinquance. Parcourant les routes, son camping-car va de quartiers en quartiers pour y établir des terrasses de café improvisées. “En buvant un simple verre de thé, les personnes ont déjà envie de parler”, témoigne-t-il. L'occasion d'instaurer le dialogue avec les habitants, notamment les jeunes, et de désamorcer les tensions en développant des temps conviviaux autour des richesses en présence. “Des gens m'ont tendu la main à un moment donné et m'ont dit que j'avais un potentiel, cela m'a produit un déclic pour essayer de devenir quelqu'un de bien”, confie ce médiateur d'un nouveau genre. Pour l'heure, le camion de Yazid poursuit inlassablement sa route. De Montreuil (Seine-Saint-Denis) à Luce (Eure-et-Loir), en passant par Carcassonne (Aude), Richebourg (Pas-de-Calais), Nantes (Loire-Atlantique) ou encore La Charité-sur-Loire (Nièvre), muni de son bâton de pèlerin à quatre roues, il s'apprête aujourd'hui à poursuivre son périple avec autant d'enthousiasme en 2020, convaincu que “la parole doit être plus forte que la violence”. Tout récemment, le travail de terrain de son association a permis la réalisation d'une enquête nationale inédite “ Parole aux jeunes”5. Un travail mené avec le concours
des étudiants du Master 2 Sciences de l'éducation CITS (cadres d'intervention en terrains sensibles) de l'Université Paris Nanterre. On y apprend notamment que, par-delà les problèmes de transport et de délinquance, 86 % des jeunes des quartiers estiment se “sentir bien dans leur ville”. De quoi tordre le cou aux idées reçues trop souvent colportées par des médias en mal de sensations fortes.


Pour Yazid Kherfi, responsable de Médiation nomades, “la parole doit être plus forte que la violence”.

Permettre au meilleur de l'entreprise d'entrer à l'école. C'est que s'attelle à encourager l'association “l'économie Sociale Partenaire de l'école de la République” (ESPER) [5] avec le Conseil National éducation économie (CNEE). But de la démarche ? Proposer à des professeurs volontaires de s'engager avec leur classe de collège ou de lycée dans une dynamique de création 'une entreprise éphémère répondant aux critères de l'économie sociale et solidaire (ESS). Reconnue depuis la loi du 31 juillet 2014, l'ESS regroupe un ensemble de structures visant à concilier utilité sociale, solidarité, performance économique et gouvernance démocratique. Son ambition est de créer des emplois en contribuant à l'amélioration de la cohésion sociale. De la santé au développement durable en passant par la citoyenneté, l'art et la culture, les entreprises éphémères d'ESPER brassent donc volontairement d'autant plus large que le champ de l'ESS est étendu. Au collège Notre-Dame de Niort (Deux-Sèvres), c'est la voie de la diversification alimentaire et du développement durable qui a été choisie en proposant aux élèves de diffuser des paniers bio dans le cadre d'une association de maintien de l'agriculture paysanne (Amap). Au Lycée Charles Gabriel Pavraz (Isère), les élèves ont planché sur la fabrication de carnets à partir du papier récupéré dans l'établissement et recyclé. Au lycée Benjamin Franklin, à Auray (Morbihan), c'est autour de la découverte de la gestion d'un foyer socio-éducatif que s'est articulé le travail des jeunes. Et le résultat semble autant séduire du côté des élèves que de celui des enseignants. “Dans les conseils de classe, les professeurs remarquent qu'il y a une dynamique de classe qu'on ne retrouve pas ailleurs. Moins de violences, moins d'absences, moins de problèmes en général”, témoigne une enseignante volontaire au lycée Saint Exupéry de Marseille. “On est tous impliqués avec l'impression d'être grands et de gérer quelque chose d'important”, confie encore cette jeune collégienne. Ou comment réconcilier l'école avec le monde de l'entreprise de demain. Un défi de taille car c'est bien de préparer les citoyens de demain dont il s'agit.

La diversité tout autant que la richesse de ces quelques innovations ont bien des raisons de nous laisser croire avec optimisme en l'avenir du développement social, celui né du terrain avec parfois peu de moyens, mais toujours avec autant d'enthousiasme. Et si nous devions ici formuler un vœux en cette période de transition, ce serait bien celui de voir continuer à prospérer l'innovation locale en cette nouvelle année 2020.


Notes :

1. Pour en savoir plus, www.oreillesenbalade.eu.
Lire aussi “Patrimoine et mémoire, un bon mix intergénérationnel ”, Le Jas, n° 214, février 2017
2. Voir aussi www.ecti.org
3. www.alternative-urbaine.com
4. voir www.adapemont.fr
5. www.mediationnomade.fr
6. pour en savoir plus, voir www.lesper.fr et également
www.ressourcess.fr


[1] 1

[2] 2

[3] 3

[4] 4

[5] 6


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Le développement local est une matière vivante… nous vous proposons un deuxième volet (encore provisoire) à notre premier tome “Vous avez-dit développement local ?”. Utile, nous le pensons, pour les équipes candidates aux prochaines municipales et mais aussi à celles et ceux qui dès maintenant et après mars 2020 souhaiteront s’engager dans leur territoire.

Vous y trouverez l’évolution de l’organisation des territoires apportée par les lois sur l’intercommunalité depuis 1992, la poursuite de la Réforme Territoriale depuis 2010 et l’irruption du développement durable, des transitions, de nouvelles gouvernances et de coopérations entre acteurs… les évolutions du développement local et du développement social local….

120 pages d’analyses et de témoignages à découvrir dès maintenant !


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Les médiateurs de tous pays se donnent rendez-vous à Angers, du 5 au 7 février 2020 pour le congrès international mediations2020 dont l'Odas est partenaire. Au-delà des conférences, ce congrès se veut être une plateforme d'échanges qui a pour but de renforcer les projets, de croiser les expériences et les bonnes pratiques entre les réseaux.

Par son approche multisectorielle unique, cet événement qui réunira près de 500 participants des cinq continents, vise à faire parler d'une voix commune les différents acteurs de toutes les médiations pour une reconnaissance plus forte de ce domaine en tant qu'acteur de la construction d'un projet de société nouveau.

Dialogues et débats au cœur du congrès

Inspirée du principe de l'arbre à palabre, l'organisation des séances privilégiera le débat contradictoire entre les intervenants et le dialogue avec la salle. L'accent est mis sur la confrontation d'idées et de visions d'experts et influenceurs nationaux et internationaux, de dirigeants et décideurs des secteurs privé et public au travers des conférences. Le congrès proposera également aux citoyens de s'engager grâce à 2 conférences ouvertes au Grand public.

Le mot du président du congrès, Hervé Carré

Nous vivons dans un monde en transition avec son cortège de conflits, de peurs, d'incertitudes ou de menaces. Les médiateurs sont des témoins sensibles de ces mouvements de fond. Ils en perçoivent les impasses mais aussi les potentialités. Ils ont déjà fait leurs preuves partout dans le monde, dans des domaines très divers, et selon des formules multiples.

Ces médiations sont des repères pour renforcer le vivre ensemble et le dialogue interculturel, défendre et construire de nouveaux droits, fluidifier les relations familiales, sociales et commerciales, améliorer la qualité des relations entre les citoyens et entre les citoyens et les institutions.

Médiations2020 est donc le congrès international qui donne les solutions concrètes et met en lien les partenaires pour réussir ce nouveau projet de société. Il offrira la possibilité de partager les expériences, les enseignements qu'en tirent les acteurs et les chercheurs provenant de tous les continents. Des intervenants de grandes renommées, issus d'une grande diversité d'origine, de pratiques et de secteurs, contribueront à une approche prospective afin de mieux appréhender le devenir de cette activité dont la dimension humaine doit être préservée.

​Nous avons hâte de vous accueillir à Angers, le 5, 6 et 7 février 2020.

Hervé Carré,
Président du congrès,
Président de l'AMCT

Le programme

> Télécharger la présentation
> Télécharger le programme détaillé


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L’Unadel et l’IRDSU vous remercient chaleureusement pour votre participation aux Journées des territoires 2019 « Agir sans subir, les territoires relèvent le défi écologique et social ».

Ce sont plus de 220 personnes qui se sont réunies ces 25 et 26 novembre à la Halle Pajol (Paris 18ème), afin de partager des expériences, de croiser des analyses et d’engager une réflexion de fond sur les enjeux  du défi écologique et social ». Venus des quatre coins de la France et même au-delà, vous représentez la diversité des acteurs qui font le développement des territoires (élus, agents des Collectivités et de l’État, collectifs d’habitants, universitaires, centres de ressources, organismes de formation, consultants, acteurs associatifs…), avec différents champs d’intervention (politique de la ville, transition écologique, économie sociale et solidaire, démocratie locale, travail social, santé, éducation..), différents territoires d’action (espaces ruraux, périurbains, métropoles).

Un grand merci spécialement à toutes les personnes, nombreuses, qui ont assuré l’accueil, donné des coups de main pour la logistique et l’organisation, animé des ateliers, pris des notes, filmé (la Fabrique écologique), tenu des stands (la Traverse, la Librairie des territoires) et à toutes celles qui sont intervenues dans l’animation ou dans les tables rondes… Sans toutes ces énergies, largement bénévoles, ces Journées n’auraient pas pu avoir lieu.

Dans l’attente de la réalisation des Actes des Journées, retrouvez ici un court podcast réalisé par nos ami·es de La Traverse :

Vous pouvez aussi, d’ores et déjà, accéder à quelques présentations :

Vous pouvez également accéder aux Actes des Journées 2018 « Transitions et conduite coopérative du changement »

Pour rappel, le programme des Journées :


Pour soutenir nos associations, adhérez dès maintenant pour l’année 2020 !


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Cela fait 20 ans que l'Odas est engagé sur la question de l'innovation. Estelle Camus, chargée d'étude Autonomie et coordinatrice éditoriale d'Apriles et Joachim Reynard, responsable d'Apriles, nous pré- sentent l'engagement de l'observatoire en la matière.

"Dès sa création, en 1990, l'Odas a constaté les nombreuses initiatives prises sur les territoires par des porteurs de projets très différents. Celles-ci étaient souvent génératrices de changement ou d'évolu- tions sociétales mais pour la plupart limitées géographiquement et dans le temps. Elles avaient donc du mal à se faire connaître et à essaimer. Nous constations aussi que, d'un territoire à l'autre, des actions similaires étaient lancées sans capitaliser sur les expériences menées ailleurs. En 1999, nous avons donc créé une première structure, le Réseau d'informations sur le développement social (RIDS), pour identifier les initiatives et faire connaître ce foisonnement. Avec la création d'Apriles, l'Agence des pratiques initiatives locales, en 2006, nous sommes allés plus loin en expertisant nous-mêmes les initiatives présentées.

Nous avons établi une quinzaine de critères qui nous semblent devoir répondre aux attendus du développement social local.Toutefois nous nous sommes interdit de donner un cadre trop strict - et donc réducteur - à l'innovation. C'est pour cela qu'on s'intéresse aussi à l'ingénierie de projets, aux méthodologies employées, aux dynamiques et à la transversalité générées.

Il existe d'autres réseaux qui font du recensement d'innovations, voire de l'expertise (l'Uncass ou le réseau des villes amies des aînés, par exemple), mais ils le font sur des champs spécifiques. Apriles est, elle, sur tous les secteurs de l'innovation sociale dès lors que celle-ci génère du développement local, social, écologique ou
économique.

Accessibles à tous, les fiches Apriles sont d'abord consultées par un vaste panel d'acteurs de l'action sociale et de l'économie sociale et solidaire qui va du cadre dirigeant jusqu'au travailleur social. Les universitaires, les médias, les élus et les étudiants constituent l'autre volet des visiteurs du site www.apriles.net.

Enfin, il peut nous arriver de porter nous-mêmes l'essaimage d'une innovation. C'est le cas pour la Journée Citoyenne que les lecteurs du Jas connaissent bien.

Le plus difficile, aujourd'hui, c'est le suivi dans le temps des innovations que nous avons expertisées. Certaines fiches sont amenées à disparaître parce qu'elles ne sont plus considérées comme de l'innovation mais sont entrées dans les pratiques courantes. Nous conservons parfois des fiches de projets inactifs lorsque nous estimons que les résultats obtenus étaient pro- metteurs ou que la méthodologie reste inspirante.

LE CARREFOUR DES INNOVATIONS
Depuis sa création, Apriles a toujours eu à cœur de diffuser librement et au plus grand nombre les actions expertisées afin de faciliter la mutualisation des connaissances. C'est pour cette raison que l'Odas est devenu l'un des premiers partenaires du Carrefour des innovations sociales (CIS) lancé ce 25 novembre. Ce partenariat favorisera également notre visibilité.

À la fois plateforme numérique coopérative et moteur de recherche dédiés à l'innovation sociale, le Carrefour a pour objectifs de recenser collectivement et de manière experte toutes les innovations sociales, les décrire, les localiser et faciliter les mises en contacts. Il allie la puissance du collectif a celle du numérique pour permettre aux bonnes pratiques d'essaimer. Initié par le Commissariat général à l'Égalité des territoires (CGET) et La Fonda, il met en commun les innovations sociales repérées et expertisées par quelque 70 structures (Banque des Territoires, le Groupement National des Initiatives et Acteurs Citoyens, le Réseau Rural Français, la Fédération Nationale des Caisses d'Epargne, etc.).

L'Odas, à travers Apriles, a été associé dès le départ à sa création et fait partie de la dizaine d'organismes qui le copilotent. Ce Carrefour des innovations sociales se caractérise par son approche très collective qui permet de susciter une culture commune de l'innovation. À terme, s'ajouteront des ateliers destinés aux utilisateurs du site afin de les aider à se saisir des initiatives présentées pour développer cette culture sur leurs territoires.

LABORATOIRE DE L'AUTONOMIE
Un autre champ d'innovation, cette fois directement porté par l'Odas, est le Laboratoire de l'autonomie. Il s'agit d'une extension d'Apriles qui capitalise sur une thématique pour laquelle nous avons une expertise pointue, celle de l'autonomie. Ce champ de l'autonomie a été marqué à la fois par de nombreuses expérimentations, mais aussi par de multiples changements législatifs et réglementaires. Nous avons donc choisi de créer une plateforme spécifique à cette question avec le soutien de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Un premier champ d'expertise, consacré à l'habitat inclusif, a été défini avec la CNSA pour accompagner l'entrée en vigueur de la loi Élan. Nos premières fiches seront donc consacrées à ce sujet. Après avoir fait remonter près de 200 contributions, une trentaine de projets a été retenue pour lesquels nous menons actuellement des expertises sur le terrain : rencontre des initiateurs, des salariés, des bénéficiaires, des partenaires financiers et opérationnels...

Le site du Laboratoire de l'autonomie est en cours de développement et sera intégré à la plateforme de l'Odas début 2020. Le laboratoire sera d'ail- leurs lui aussi membre à part entière du Carrefour de l'innovation sociale. De plus, si l'Odas n'a pas vocation a être un cabinet de conseil, cette expertise de l'innovation nous aide à accompagner nos adhérents dans leurs projets.

EN CONCLUSION
Porter une pédagogie de l'innovation, tant auprès des acteurs nationaux que locaux est plus que jamais nécessaire. En effet, les marges de créativité laissées aux acteurs semblent se réduire. Les financeurs institutionnels sont dans des logiques d'appel à projets qui répondent d'abord à leurs priorités. La tyrannie du risque zéro limite les prises de risque inhérentes à l'innovation. Dans le champ de l'action sociale, les initiatives les plus intéressantes naissent souvent dans les marges de la réglementation ou par dérogation à celle-ci. Il n'y a qu'en redonnant de l'air aux acteurs et qu'en diffusant cette culture de l'innovation sur les territoires que nous pourrons voir émerger et se développer les initiatives les plus prometteuses de trans- formation sociale."

Article rédigé par le Journal des acteurs sociaux dans son numéro de novembre 2019.


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Un espace plébiscité par les acteurs des territoires !

L’UNADEL, en collaboration avec ses partenaires institutionnels et associatifs, a renoué en 2018 avec l’organisation d’un évènement national fédérateur, regroupant les acteurs du développement des territoires.

Au travers de ses programmes de travail (Écoutes territoriales, Carrefour des métiers du développement territorial), se révèlent, en effet, de nombreuses dynamiques territoriales, mobilisant une multitude d’acteurs (citoyens, élus, techniciens, associations, entreprises, …) engagés pour relever les défis écologiques, économiques, sociaux et politiques contemporains.

Ces 2 journées ont été l’occasion d’échanges d’expériences et d’analyses des mutations à l’œuvre, au prisme notamment du thème des coopérations.

Diversité des acteurs et croisement des regards

Plus de 200 personnes ont contribué aux Journées des territoires dont l’originalité et la richesse émanent de la diversité des acteurs (agents des collectivités, élus, collectifs d’habitants, universitaires, experts, acteurs associatifs), des champs d’intervention (transition écologique, développement social urbain, ESS, démocratie locale, travail social, éducation..), des territoires d’action (espaces ruraux, périurbains, métropoles) et des structures porteuses ( Région, Département, C. d’agglomération, Préfecture, C. de Commune, Pays, PETR, Coopérative, Syndicat mixte, Centre social, 1/3 lieu …).

Des représentants d’une vingtaine de territoire ont ainsi partagé les enseignements de leurs projets de « transitions » et pu apprécier, par l’intensité des échanges, l’intérêt des participants pour ces sujets.

Le développement de la coopération comme préalable

Citant le géographe Bernard PECQUEUR, Anne et Patrick BEAUVILLARD (Institut des territoires coopératifs), grand témoin de ces journées, rappelle que « sans coopération, il n’y a pas de territoire ». Pourtant, si beaucoup de temps et de moyens financiers sont consacrés à la compétitivité de nos territoires, nous investissons rarement pour développer leur « coopérativité », c’est-à-dire, leur aptitude à développer des processus coopératifs durables.

La coopération signifie « être co-auteur d’une œuvre commune, et elle ne va pas de soi. Il faut la préparer ». L’écoute des différents témoignages lors des ateliers, a été permis, pour Anne et Patrick Beauvillard, d’illustrer les caractéristiques et principe d’action qu’ils ont formalisés au travers du concept de « maturité coopérative ».

Ainsi, les écosystèmes à forte maturité coopérative reposent sur des organisations ou des territoires apprenants (leurs membres se considèrent tous à la fois sachants et apprenants, cf. démarche du Conseil Départemental de Gironde), le leadership y est contextuel, dynamique et partagé (voir exemple au Pays du Midi-Quercy), la coopération y est inconditionnelle (elle ne dépend plus de l’objet, des personnes, des rôles…), et, enfin, on y rencontre des personnes dont émanent à la fois force, tranquillité et sérénité ( pas de longévité lorsque les porteurs d’un projet sont eux-mêmes en burn-out !). Gagner en maturité coopérative nécessite de voir les signaux faibles révélateurs de ces logiques, et de s’en saisir.

Parmi, les nombreuses expériences présentées, PF Bernard évoquent les « 3 maitres mots » de l’expérimentation du CLUS’TER JURA, que sont « le territoire, le décloisonnement et la coopération » avec l’hypothèse qu’elle contribue au développement économique, social et humain.

Les transitions territoriales : mettre en synergie engagement citoyen et politique publique

Plusieurs interventions convergeaient, dans le sillage de l’expérience de Loos en Gohelle, sur le fait que la transition ne peut être menée sans l’implication de tous les acteurs de la société civile et en premier lieu des habitants. Passer de logiques descendantes, techniques et procédurales, au faire ensemble et à la construction d’identités collectives, tels sont les leviers pour des projets de territoire et des enjeux partagés !

Autres illustrations, l’initiative de la Région Centre-Val de Loire d’un projet de « démocratie permanente » dont l’un des objectifs est de « développer, relier, mettre en valeur et outiller les initiatives citoyennes ».

Dans ce contexte, les institutions nationales se donnent pour objectif (Cf. mise en place de l’agence nationale de cohésion des territoires) de développer des outils d’accompagnement des projets de territoire, modulables pour tenir compte de leur spécificité.

Repenser une ingénierie territoriale… une ingénierie de la coopération ?

Pour les chercheurs du RAMEAU, l’émergence de mode d’action coopératif correspond à une conviction partagée par les citoyens, les entreprises, les associations et les Maires. Le terme de co-construction est ainsi utilisé pour rendre compte du fait que différents acteurs créent ensemble de nouvelles solutions pour répondre aux besoins des territoires.

L’enjeu n’est plus tellement de faire de l’ingénierie de programme mais de l’ingénierie de mobilisation ou de processus.

On parle également de « catalyse de territoire » c’est-à-dire la création d’interconnaissance, de liens entre les organisations renvoyant davantage à des rôles de facilitation que de leader ou d’animateur.

Y.BLANC ( FONDA) note le paradoxe d’une absence d’ outils institutionnels, administratifs, démocratiques pour mettre en place et financer l’ingénierie de l’action collective alors qu’ « aucune action publique n’est possible sans structure horizontale ».

… et faire évoluer les organisations et les pratiques professionnelles

Face au constat évoqué par Khalid IDA-ALI, président de l’IRDSU, « d’organisations qui travaillent pour elles-mêmes et deviennent sclérosantes », les initiatives présentées disent la volonté forte d’inventer de nouveaux modes d’action pour réussir à « franchir un cap » en matière de coopération. Les collectivités sont aux prémices de la mise en place d’organisations apprenantes. Cela implique une évolution des modes de management (moins individualisé et qui sorte des procédures), une conversion des ressources en réelles capacités à faire.

Les collectivités engagées dans des démarches de laboratoire de transformation des politiques publiques en constitue un exemple probant. Le principe est de considérer l’expérience vécue par les agents et les citoyens, comme un point de départ pour réinterroger les politiques publiques.

Côté professionnel, se révèle à la fois, le besoin de mieux qualifier ces « nouveaux » métier, d’avoir un référentiel pour pouvoir dialoguer avec des acteurs territoriaux et de développer des compétences spécifiques pour la co-construction.

Pour Hélène HATZFELD, chercheuse au LAVUE, une nouvelle professionnalité suppose des déplacements considérables dans les modes de pensée et les modes de faire.

Il s’agit ici de transformer ce qui fait problème en ressource, apprendre « l’égalité » pour accueillir l’autre et créer des dynamiques de légitimation réciproque… Face à ces enjeux, des changements dans les formations et les conceptions sont indispensables.

L’émergence de la question des postures est révélatrice des évolutions en cours, tant pour les élus que pour les techniciens, qui s’interrogent sur la manière de favoriser la participation de toutes les parties prenantes ( facilitateur plutôt que sachant).

S’ouvrir aux dynamiques internationales

La présence tout au long des 2 journées d’une délégation tunisienne a permis à une ouverture et a donné plus « d’épaisseur » aux échanges. Au-delà de la présentation d’une dynamique naissante, les acteurs tunisiens ont mis en lumière combien les problématiques écologiques, démocratiques et économiques évoquées sont d’actualité dans leur pays et que ce sont des « questions que nous vivons quotidiennement dans nos chairs ».

Divers contacts et mises en réseau ont pu être évoqués à cette occasion rappelant l’intérêt et la richesse des coopérations internationales.

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